Chapalette © PdL

Les sept sorcières
de Chapalette

ou

Quand la sorcière et son chat
en voient de toutes les couleurs...

© Au Pied de la Lettre

Conte coécrit par 7 classes de 3 écoles
avec Dominique Baur.

LE GROS DERRIÈRE DE LA SORCIÈRE CORPULENTE

Il était une fois une sorcière qui vivait avec son chat noir nommé Chapalette.

Elle était très grosse et s'appelait Corpulente.

Elle tenait ses pouvoirs d'un panier magique. Il faisait changer de couleur ceux qui s'approchaient de lui en récitant la formule magique suivante :

"Abracadabrus, abracadabrus
par la ficelle de carabus
change-moi d'colorus"

À part ça, elle n'était pas très différente des autres dames du quartier, et personne ne se doutait qu'il s'agissait d'une sorcière.

 

Sa maison aussi ressemblait aux autres. Elle était située dans une vieille ville, au fond d'une ruelle, tout près d'un marché. Avec des rideaux blancs à pois rouges, de jolis pots de géraniums sur le rebord des fenêtres.

Comme elle était belle cette maison... Vue de l'extérieur en tout cas, parce que si l'on avait pu s'approcher, regarder derrière les rideaux et les fleurs, jeter un coup d'oeil à l'intérieur, on aurait aussitôt frémi tellement c'était effrayant, lugubre, sombre comme une nuit sans lune.

 

Sous d'immenses toiles d'araignées qui pendaient partout, les murs étaient noirs, le plancher était noir, le chaudron était noir, les placards, les plafonds, la table et la vaisselle, les vêtements, la lampe, le frigo et les radiateurs, le café, les lunettes, la magie et les romans : TOUT ÉTAIT NOIR, même le grand canapé moelleux sur lequel Chapalette adorait s'endormir (après avoir regardé la télé en noir et blanc).

Pourtant depuis quelques temps, il hésitait à y aller et devenait de plus en plus triste.

Vous aimeriez savoir pourquoi Chapalette avait ainsi des idées noires ? Eh ! bien voilà : lorsqu'il dormait niché bien doux au creux du canapé, on ne le voyait plus !

Noir sur noir, comprenez-vous ?

 

Or, Corpulente aimait aussi s'asseoir là et lorsqu'elle était fatiguée, elle s'écroulait lourdement sur... sur les coussins ? mais non : sur son chat !

Et voilà pourquoi, lassé d'être sans arrêt écrasé par le gros derrière de la sorcière, Chapalette décida un beau jour d'aller au grenier consulter le panier magique...

Il avait grand'peur : le lieu semblait hanté.

Pourtant, il ne se découragea pas et ouvrit la porte en tremblant. Quelle pagaille !

"Des placard à cafards,
des bonbons au poison,
des potirons remplis d'potion
et, dans un coin, bien alignées,
de jolies "étoiles d'araignées".

Derrière toutes ces horreurs se trouvait un rideau. Chapalette le souleva et vit une lueur qui se mit à grossir. Au bout d'un certain temps, il en sortit un joli panier multicolore, tout auréolé d'étoiles.

Le panier vint se poser aux pieds de Chapalette et lui dit :

- Approche ! approche. Raconte-moi ce qui te tracasse.

Tout d'abord, le chat eut très peur, mais il reprit vite confiance :

- Panier magique, j'en ai assez de me faire sans arrêt écraser par le gros derrière de ma maîtresse, pourrais-tu me faire changer de couleur ?

- Volontiers, mais à une condition : donne-moi ta patte et récite ma formule magique.

Le chat sauta dans le panier et récita :

"Abracadabrus, abracadabrus,
par la ficelle de Carabus
change-moi d'colorus."

 

Aussitôt il devint rose.

- Merci, merci mille fois, dit-il. Et il reprit le chemin du canapé.

Arrivé là, il s'endormit sous le plus gros coussin. Seul, un bout de sa queue rose dépassait.

Pendant ce temps, Corpulente revenait du marché.

 

D'un air gourmand, elle posa son panier à provisions et sortit le saumon qu'elle venait d'acheter.

 

Puis, elle s'affala lourdement sur le canapé, aperçut la queue du chat qui dépassait du gros coussin :

"Tiens ! se dit-elle, mon saumon ! il a dû tomber."

 

Et elle croqua le bout de la queue de Chapalette.

- MIAOUOUOU... OU... OU... OUILLE ! hurla le chat.

"Beurk ! quel saumon poilu, pensa la sorcière, et en plus il miaule..."

 

Fin du premier chapitre.

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